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Patrimoine industriel |
Dès la construction de la gare d’eau en 1830, le village de Saint-Ouen se modifie brutalement et les champs agricoles disparaissent pour laisser place aux usines.
L’histoire industrielle de Saint-Ouen débute avec l’ouverture de la gare d’eau le 25 mai 1830.
Saint-Ouen est alors l’endroit où la Seine passe le plus près de Paris. Elle possède de grands espaces libres et reste relativement bien desservie par des routes pavées. Construite à l’imitation des docks de Saint-Catherine de Londres et à l’initiative du banquier Ardoin, la gare d’eau permet aux bateaux d'éviter les nombreux ponts de la capitale et constitue un espace stratégique pour les industriels.
Son bassin, de 800 m de long, couvre 25 000 m2; un canal long de 300 m et large de 50 m le relie à la Seine. Les quais et les terrains l’entourant peuvent accueillir des entrepôts, ateliers, ou chantiers intéressés par les avantages du port. Depuis le fleuve, s'étend peu à peu un tissu d'activités et d'industries. Le raccordement des Docks au chemin de fer de la Petite Couronne fait passer cette zone d'activités de stockage et de manutention à un lieu de production en lien direct avec Paris et sa proche couronne. En 1864, la superficie de la gare d’eau est doublée, de nouveaux ponts construits et l'éclairage au gaz est installé. C'est maintenant un pôle métallurgique puissant.
Jusqu’en 1914, Saint-Ouen connaît une explosion de la croissance industrielle basée sur 3 branches d’activité :
- chimie et parachimie (entrepôts et raffinerie de pétrole, Raffinerie Parisienne de Sucre, huileries…),
- métallurgie (fabrique de machine-outil Bliss, chaudronnerie, carrosserie industrielle…),
- secteur énergétique (usine à gaz rue Ardoin fondée par la Société de l’Engrais Complet, future TIRU et 3 centrales électriques).
Le développement industriel très rapide a pour conséquence un boom démographique sans précédent… La population passe de 983 habitants en 1836 à 30 715 en 1896. On assiste à la création du quartier « de la gare » et à la construction de plusieurs écoles notamment l’école de la Gare (actuelle école Emile Zola). Ces nouveaux quartiers constituent la ville à côté de l’ancien village. Le Vieux Saint-Ouen reste le bastion rural. La nouvelle Mairie est construite sur un terrain situé face à l’entrée du château et au carrefour de deux grandes routes traversant le territoire. Elle forme un point de jonction entre l’ancien village à vocation agricole et la nouvelle ville industrielle.
Les dix dernières années du XIXe siècle marquent une reprise économique. Pendant la Première Guerre mondiale, la plupart des usines travaillent pour l’effort de guerre comme la Somua…
L’entre-deux-guerres est une période de croissance de la très grosse industrie. De nouvelles branches d’activités apparaissent :
- électricité et électronique : Wonder, Alsthom, Labinal…,
- automobile et ses équipementiers : Citroën, Férodo, Lavalette, Fenwick…,
- industrie alimentaire : Lesieur, Martini…
Après la 2e Guerre mondiale, le transport de marchandises se fait principalement par les lignes de chemin de fer reliées aux Docks et à quelques grosses usines. Les usines se détournent ainsi du fleuve, puis le bassin des docks est fermé et comblé.
Jusque dans les années 1960, l’industrialisation reste très importante à Saint-Ouen, les usines se succèdent les unes aux autres… A partir de 1965, la désindustrialisation débute sous deux formes : la fermeture des usines ou leur tertiarisation et dans les années 1970-80, elle s’amplifie. Beaucoup d’usines ferment. Les démolitions se multiplient. On entre dans une période des grandes restructurations. Cependant, on observe aussi de belles reconversions de sites : l’imprimerie Chaix devient Cap-Saint-Ouen, Ricqlès est occupée par l’Apave. Dans cette période marquée par la désindustrialisation, l’exception reste l’usine d’incinération du Syctom-Tiru et la CPCU qui construisent de nouvelles usines « flamboyantes » dans les années 1990 avec un intérêt architectural renouvelé.
Le prolongement de la ligne 13 en 1952 sur Saint-Ouen favorise les échanges avec la capitale.
Le parcours des bornes historiques, inauguré lors des journées du patrimoine en 2007, rappelle l’histoire industrielle de la ville de 1830 à nos jours. Il s’inscrit dans la politique culturelle de transmission de la mémoire, de la politique touristique et de rayonnement de la ville. Ce projet de valorisation du patrimoine permet de comprendre l’évolution du territoire à travers l’implantation de 21 bornes à proximité d’édifices porteurs de mémoire.
Cette visite s’appuie sur une sélection de 7 bornes historiques présentant l’histoire industrielle de la ville à travers des lieux ou é...
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L’ouverture de la gare d’eau des docks en 1830 a fait de Saint-Ouen l’un des berceaux de l’industrie en Ile-de-France. Ce riche passé i...
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