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Château de St-Ouen |
A l’emplacement du château actuel de Saint-Ouen, on retrouve la trace d’une autre propriété celle de Seiglières de Boisfranc. Entre 1664 et 1669, l’architecte du roi Louis XIV, Antoine Lepautre construit un château pour Joachim Seiglières de Boisfranc, surintendant des finances de Monsieur, duc d’Orléans, frère du roi Louis XIV. En 1690, ce château devient la propriété du duc de Gesvres, gouverneur de l’Ile-de-France. Il est ensuite occupé par Madame de Pompadour puis par le duc de Nivernais qui y reçoit plusieurs fois Marie-Antoinette. Après la Révolution française, le château connaît plusieurs propriétaires et est acheté en 1811 par le comte Potocki, général de cavalerie et grand chambellan de Pologne.
Le 2 mai 1814, Louis XVIII, à son retour d’Angleterre après la 1re abdication de Napoléon, s’arrête à Saint-Ouen où il signe, sous la pression du tsar Alexandre 1er et l’influence de Talleyrand, la déclaration de 1814 dite " Déclaration de Saint-Ouen ". Cette déclaration rétablit la Monarchie tout en reconnaissant certaines libertés acquises sous la Révolution et l’Empire. Une plaque, dans le petit salon du château commémore cet événement.
Après le décès de la princesse de Potocka, Louis XVIII achète le domaine et charge l’architecte Jean-Jacques Marie Huvé de construire, suivant ses propres croquis, un nouvel édifice pour sa favorite la comtesse du Cayla. Il est l’un des rares exemples de construction typique de la Restauration et rappelle les villas palladiennes de la fin de la Renaissance italienne. L’aspect extérieur de la demeure ressemble plus à une grande maison bourgeoise qu’à un château. Le caractère sobre des façades renforce l’idée d’un sanctuaire, le luxe se trouvant à l’intérieur. Les plus grands artistes de l’époque y travaillent : le peintre François Gérard, l’ébéniste Pierre-Antoine Bellangé, Jean-Jacques Feuchère et Pierre-Philippe Thomire pour les bronzes et luminaires… A l’époque, le luxe réside dans la rareté et la qualité des matériaux utilisés dans tous les domaines (menuiserie, serrurerie, ferronnerie).
Le château est inauguré le 2 mai 1823, jour anniversaire de la Déclaration de Saint-Ouen.
425 personnes sont conviées autour de la comtesse du Cayla, pour une fête qui finit en parade vénitienne et feux d’artifice. A la mort du Roi, en 1824, la comtesse du Cayla se retire définitivement à Saint-Ouen et se spécialise dans l’élevage de moutons mérinos afin de fabriquer des châles en cachemire. Elle meurt en 1852. La succession est disputée ; sa fille la princesse de Beauvau-Craon fait valoir ses droits et hérite de la propriété. Elle fait déménager tout le mobilier au château d'Haroué et loue le domaine à la Société d’Encouragement Hippique qui transforme le parc en hippodrome.
Le 23 octobre 1880, le champ de courses est inauguré, il s’étend sur 28 hectares. A la mort de la princesse de Beauvau-Craon en 1885, différents héritiers se transmettent le domaine, mais la société d’Encouragement Hippique en reste locataire jusqu’en 1914.
Lors de la première guerre mondiale, le service de santé des armées réquisitionne le château et le transforme en hôpital militaire. Des bœufs (réserve de l’armée) sont gardés dans le parc. Entre temps, la société hippique avait plusieurs fois tenté d’acheter le domaine mais sans succès. En octobre 1917, la société Thomson-Houston rachète le domaine et découpe le parc en terrains de sport, en jardins et y construit des ateliers.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands installent un poste de défense antiaérienne dans le parc et le gouvernement de Vichy mette en place un centre de Jeunesse "Travail et Joie". A la Libération, le bâtiment est loué à la Direction de l’Enseignement et une école technique y est installée.
En 1958, la ville de Saint-Ouen acquiert le château et une partie du parc dans un état de délabrement très avancé. Le reste du domaine appartient toujours à la société ALSTHOM, née de la fusion de l’Alsacienne de Constructions Mécaniques et de Thomson-Houston. C’est en 1961, à l’initiative du Maire, Fernand Lefort, qu’est décidée la restauration du château conduite par les architectes Marandon et Planckaert, avec le concours d’architectes des " Monuments Historiques ". Les travaux ont duré deux ans et ont permis la reconstitution de ce qu’était le château au temps de la comtesse. Les salles du château ne sont plus meublées mais le mobilier existe toujours au château d'Haroué en Lorraine, propriété des descendants de la princesse de Beauvau-Craon.
Inauguré en 1965, le château se veut un lieu vivant, ouvert à tous. Il abrite aujourd’hui, des expositions temporaires et le Conservatoire municipal de musique, de danse et de théâtre. Il accueille également des concerts, conférences et les collections d’art contemporain de la ville. Parmi les œuvres exposées, on y trouve une sculpture de Germaine Richier.
Les salons du rez-de-chaussée, qui présentent un décor raffiné, ont été classés “ monument historique ” en 1965.
Le parc Abel Mézières, qui entoure le château, est régulièrement le théâtre d’évènements. Le promeneur y trouvera des sculptures d’époque contemporaine.
Les autres châteaux
D’autres belles demeures seigneuriales ont été construites à Saint-Ouen au XVIIIe siècle, aux abords du village et en bordure de Seine.
Le duc de Rohan-Soubise, maréchal de France et ministre d’Etat, possède le Grand Hôtel (construit par Boffrand et détruit en 1788) et le Petit Hôtel (plus tard propriété de Mme de Guibert, détruit vers 1830-1840).
Monsieur d'Auriac est lui aussi propriétaire d'une belle demeure à Saint-Ouen. Celle-ci est achetée par Necker (directeur général des Finances de Louis XVI), sa femme y tient un salon fréquenté par les Encyclopédistes. Leur fille Germaine est la future Mme de Staël. Le baron Ternaux, grand industriel du textile, achète le domaine en 1802 et y élève des chèvres du Tibet pour fabriquer des châles en cachemire. Ce château est peint par Utrillo avant sa démolition dans les années 1920.
Au XIXe siècle, Alexis Godillot, Maire de Saint-Ouen de 1857 à 1870, acquiert une propriété qui sera dénommée le " Château Godillot " ou la " Folie Godillot ". Les folies étant à l’époque de riches maisons de campagne où l’on donnait des fêtes dans les jardins.
Il ne reste aucun vestige de ces différents domaines hormis le nom de " rue des Châteaux " dans le Vieux Saint-Ouen.
| Date : | Ouvert du lundi au samedi de 14h à 18h (fermé pendant les vacances scolaires) |
| Téléphone : | 01 49 48 95 20 |
| Adresse : | 12 rue Albert Dhalenne 93400 - Saint-Ouen |
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